* Face au constat amer des chantiers inachevés et mal façonnés, le Chef de l'État Félix Tshisekedi ordonne une mission d'audit rigoureuse confiée aux services de renseignements.
Aujourd'hui, le constat est sans appel : la quasi-totalité des projets de construction ou de réhabilitation des routes à Kinshasa est soit mal exécutée, soit inachevée. Plus grave encore, plusieurs chantiers lancés et entièrement financés par le Trésor public sont purement et simplement abandonnés.
Il suffit de parcourir l'avenue 24 Novembre (tronçon Bandal Moulaert - UPN), ou encore les avenues Birmanie, Kimwenza, CPA, Gambela et Huileries, pour se convaincre de cette réalité désolante. Ce spectacle, qui paralyse la capitale à chaque tombée de pluie, a fini par provoquer la colère du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a décidé de passer à l'action.
Une mission d'audit confiée à l'ANR
Pour garantir une enquête rapide et sans entraves, le Chef de l'État a confié cette mission à l'Agence Nationale de Renseignements (ANR). Les barbouzes vont auditionner tous les projets financés et exécutés entre 2024 et aujourd'hui. L'objectif est clair : scruter les documents relatifs aux marchés publics et débusquer les entreprises ayant livré des ouvrages de mauvaise qualité.
L'ANR devra également identifier les responsables du secteur qui se seraient compromis dans :
- La surfacturation des marchés ;
- Le détournement des fonds publics ;
- La réalisation de travaux hors normes techniques.
Le ministre actuel, John Banza, ainsi que son prédécesseur en fonction en 2024, devront répondre aux enquêteurs. Une fois recensés, les coupables seront mis à la disposition de la justice.
La fin de la "mafia" des chantiers
L'initiative présidentielle est vivement saluée par la population kinoise, première victime de cette gestion opaque. Le secteur des infrastructures était devenu le refuge d'une certaine mafia où des entrepreneurs de circonstance, sans expertise ni engins, raflaient les marchés grâce à des accointances politiques ou tribales, au détriment des professionnels du métier.
Betu Kumeso
